Innovation sociale

Le Paris Tech Review a publié récemment un article intéressant sur l’innovation sociale.

En voici un court extrait:
Le thème de l’innovation sociale est apparu dans les années 1960, porté par des théoriciens du management comme Peter Drucker ou des entrepreneurs sociaux comme Michael Young, le fondateur d’Open University. Mais il n’a vraiment pris son essor que depuis une dizaine d’années, en redessinant la frontière parfois floue entre entreprise et société civile, l’une s’inspirant de l’autre et réciproquement.

Il y a innovation et innovation
Nous vivons aujourd’hui, dit-on, dans le monde de Joseph Schumpeter, qui avait mis en évidence les cycles de création-destruction animant l’économie capitaliste. L’économiste autrichien pointait notamment deux facteurs de renouvellement: l’innovation technologique et le rôle des entrepreneurs. L’innovation technologique recouvre plusieurs formes: création d’un produit, nouveau procédé de production, nouvelle organisation de la production, nouveau marché ou nouvelle source de matière première ou d’énergie. L’entrepreneur est très précisément celui qui fait le pari de l’innovation, dont il assure la réussite grâce à son dynamisme.

Depuis longtemps les modèles d’affaires et de management se sont haussés au niveau de l’innovation technologique. L’art d’organiser les hommes, de jouer de leurs interactions, est au cœur de la création de valeur. Certains économistes vont plus loin, en se demandant si l’innovation sociale ne jouera pas demain un rôle comparable.

James Taylor la définissait en 1970 comme “de nouvelles façons de faire les choses dans le but de répondre à des besoins sociaux”. Cela peut tenter deux types d’acteurs: les militants et, comme chez Schumpeter, les entrepreneurs. Qu’elle se place sous le registre de la charité ou de l’émancipation sociale, l’action des premiers se joue traditionnellement au défaut du marché, dans ses interstices. Les seconds ont au contraire pour ambition d’élargir le marché en y incorporant leurs activités, soit en concurrence avec les acteurs existants, soit en proposant de nouveaux services, ou de nouveaux produits, soit en visant une clientèle nouvelle.

Profit, non-profit: une distinction dépassée?
Longtemps, la distinction entre profit et non profit a eu un caractère d’évidence: elle s’imposait si naturellement qu’il n’y avait aucun sens à l’interroger. Tout au plus relevait-on quelques zones de contact, comme l’existence de formes de capitalisme soucieuses de leur impact social, des pionniers comme Frédéric Le Play à la doctrine sociale de l’Eglise (fin du dix-neuvième siècle) et à la RSE d’aujourd’hui. Des sociologues comme Georges Friedman, par ailleurs, ont pointé depuis les années 1950 le caractère entreprenant des militants, les qualités professionnelles qu’ils mobilisent, les capacités de gestion et de management exigées par la conduite d’une organisation.

Mais sur le fond les deux mondes différaient par leur finalité: gagner de l’argent ou aider les autres. Or cette distinction tend depuis une dizaine d’années à s’estomper. Dès 1994, Peter Drucker remarquait que “non-profit” n’est qu’un terme juridique, qui ne signifie rien sinon que sous la législation américaine ces organisations ne paient pas d’impôts: qu’elles soient dirigées ou non vers le profit n’impacte “ni leur fonction, ni leur comportement”.

Les formes d’entreprenariat social qui émergent aujourd’hui demandent à être scrutées de près, car elles pourraient bien préfigurer certains aspects de l’économie de demain. Après tout, ce ne serait pas la première fois. Les caisses mutuelles de solidarité fondées par les ouvriers du dix-neuvième siècle furent la matrice des systèmes d’assurances sociales qui sont l’une des bases du capitalisme moderne, absorbant des flux financiers considérables pour rémunérer des millions de personnes et offrir à la société de consommation des consommateurs allégés du souci du lendemain.

Plus récemment, le développement de l’open source et les fascinants usages économiques du gratuit ont fait apparaître la façon dont l’économie du profit pouvait se renouveler en incorporant les échanges non-lucratifs. Les réseaux comme Facebook ont révélé la valeur économique des interactions sociales. Or c’était précisément sur les finalités, les outputs, que se fondait la distinction entre entrepreneurs d’affaires et entrepreneurs sociaux. Que devient cette distinction si la création de liens sociaux devient le cœur des nouvelles activités économiques?

Cliquez ici pour lire l’article complet.

Patrick Sirois

psirois@triode.ca

triode.ca

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